Il était une fois … Soizic et Dring-dring et leur règle d’or

Il était une fois, dans un pays de neige et de froid, deux amies depuis des lunes, nommées Soizic et Dring-Dring. Dring-dring, quel droit de nom ! C’était un surnom : n’importe quand elles pouvaient s’appeler pour s’entraider.
Soizic et Dring-dring avaient deux réalités bien différentes : l’une était chasseuse de perles et l’autre gardienne d’un trésor nommé Famille. Soizic était amené à voyager par monts et par vaux ; çà lui pesait de prendre le traineau et guider les chiens surtout les jours de tempête. De son côté, Dring-dring passait de longues journées, seule dans son château et çà lui pesait de ne voir personne et de ne plus conduire le traineau.
Vous me voyez venir avec mes gros sabots …
Un soir de grande fatigue, Soizic prit le temps de s’arrêter et de réfléchir. « Et si je demandais à Dring-dring de conduire à ma place ? Son trésor ne risque rien pour quelques heures d’absence. » Simple et évident me direz-vous. Mais en même temps, au fond d’elle, une petite voix lui disait : « Tu es sûre de vouloir de la compagnie, toi qui aimes la solitude après une chasse ? C’est exigeant une chasse aux perles, il faut être minutieuse, le moindre détail compte pour trouver la perle et bien gagner sa vie. Dring-dring est sympathique mais qu’est-ce qu’elle est bavarde parfois ! » Finalement, Soizic décida de demander à Dring-Dring de conduire le traineau. L’accord fut conclu.
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Dring-dring conduisait les rennes d’une main de maître, elle était vraiment bonne. Après quelques minutes de jasette, Dring-dring, qui se connaissait très bien, proposa à son amie: « Si tu veux du silence, dis-le-moi, je me tairais sans problème. » C’était donc aussi simple que cela d’établir clairement une règle dès le début ? Soizic fut soulagée, Dring-dring bien à l’aise. En rigolant, elles s’inventèrent un code « silence » : quand Soizic avait besoin de silence, elle tournait délicatement le lobe de l’oreille de son amie, comme on tourne le bouton d’une radio à off.
La première règle était née.
Pendant le voyage, Soizic put se reposer, affûter ses couteaux de chasse. Elle se sentait plus forte comme chasseuse de perle.
Après le voyage, Dring-dring rentra au château, de bonne humeur, pleine de patience à nouveau. Elle se sentait plus forte comme gardienne de trésor.
Une règle qui rend plus fort, c’est une règle en or.

Après quelques expéditions, certaines règles ont dû être ajustées, d’autres ajoutées. Par exemple, la fois, ou Soizic s’est mise à critiquer la conduite de Dring-Dring « Ne roule pas si vite, tu devrais rouler plus à droite… », il a fallu trancher sur les rôles. « Relaxe Soizic, je n’ai jamais eu d’accident, fais-moi confiance. Dis-moi juste s’il y a vraiment un gros danger ».
Il a fallu aussi clarifier les coûts : qui paye quoi ? Plein de petits détails à préciser mais le diable est dans les détails, c’est bien connu.
Combien de temps durera cette entente ? L’histoire ne le dit pas. J’imagine tant que chacune y trouve son compte. C’est clair entre elles, l’une ou l’autre peut arrêter n’importe quand.
Au début Soizic et Dring-dring voulaient être fines entre elles.
Aujourd’hui, elles sont fines et osent être claires entre elles, surtout dans les détails.

